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Pour une société prospère

Les Canadiens se présentent de moins en moins aux bureaux de scrutin pour une raison essentielle : aucun des partis en lice n’apporte aujourd’hui vraiment d’idée qui mérite le déplacement. Récemment, des politiciens ont suggéré de dorénavant « forcer les gens à voter » sous peine d’amende. Qui osera suggérer de mettre aussi à l’amende les partis dépourvus d’idées significatives pour faire avancer le Canada?

Les politiciens canadiens, comme leurs collègues américains, sont la plupart si avides de pouvoir qu’ils choisissent d’emblée de mener des campagnes électorales axées sur l’image ou le style plutôt que d’apporter des idées qui changeraient vraiment l’ordre des choses en bousculant au passage les partisans de l’inertie stérile.

C’est le règne de l’apparence avant celui de la substance! La démocratie est devenue la médiocratie, la victoire du plus petit dénominateur commun. Elle s’incarne en victoire futile de la rectitude politique, de la rumeur publique et de l’intelligence moyenne sur la logique des choses qu’il faudrait vraiment accomplir pour faire avancer la société et enfin réaliser l’idéal de la démocratie : le « bien public ».

Sans idées, la démocratie est un échec collectif travesti en mandat vague de gestion plus ou moins habile, au jour le jour, d’une opinion publique frileuse et naïve en vue d’un renouvellement de mandat.

S’il n’affirme pas bientôt un certain nombre des idées qui suivent, le Canada n’aura d’autre destin que de s’ancrer dans son statut confortable de nation sans histoire qui doit sa prospérité au fait de rassembler les « dix états situés au Nord des États-Unis » et d’abriter leurs ressortissants.

Ces idées peuvent être élaborées davantage. Certaines requièrent une connaissance approfondie du secteur concerné. Les personnes averties sauront toutefois extrapoler d’emblée les prémisses exposées et juger de leur pertinence.